PM2,5 et Pollution

PM 2,5 : l’ennemi silencieux

PM2,5, c’est le petit nom que la littérature anglo-saxonne donne aux particules fines d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres (ou microns pour les plus vieux d’entre nous)

La taille réduite de ces particules en suspension dans l’air, est qu’elles peuvent voyager aisément à l’intérieur du corps humain. Jusque là, rien de nouveau.

Mais des études récentes tendent à démontrer que ces PM2,5 ne s’en prennent pas seulement à nos poumons.
Elles s’en prennent aussi à notre cerveau par deux voies :
• elles rejoignent le cerveau en franchissant la paroi des artères et des veines
• elles passent aussi du nez au cerveau en cheminant via les nerfs olfactifs jusqu’au bulbe olfactif.

Première découverte : une étude de Lilian Caldern-Garcidueas (Univ. du Montana) menée au début des années 2000 sur 40 chiens errant dans les zones les plus polluées de Mexico City a montré qu’ils avaient des pathologies de type Alzheimer dans leur cerveau. Elle a donc poussé la recherche sur les populations humaines de ces zones et a découvert dans le cerveau de jeunes enfants des amas de protéines associées à la maladie d’Alzheimer. En 2008, elle écrivait : « L’exposition à la pollution atmosphérique doit être considéré comme un facteur de risque d’Alzheimer » . Des études complémentaires menées par des toxicologues sur des animaux exposés à une forte pollution ont montré que les PM2,5 atteignaient le cerveau, certaines contenant des neurotoxiques comme le manganèse !

Mieux encore une étude de 2018 publiée de le British Medicine Journal portant sur 131.000 londoniens de 50 à 79 ans a conclu que ceux exposés à de forts taux de pollution atmosphérique étaient les plus à même de développer la maladie d’Alzheimer.
Une autre étude, menée par l’Université de Toronto sur 6,6 millions de résident de l’Ontario a montré que ceux qui vivaient à moins de 50 m d’une route à fort trafic avaient une probabilité de développer une démence de 12% plus élevée que ceux vivant à plus de 200 m des mêmes routes.

Pour comprendre les relations de cause à effet entre PM2,5 et Alzheimer, dont certaines causes seraient génétiques, les scientifiques se tournent vers l’expérimentation animale. Des études (Université du Nord Dakota 2015 – Cedar-Sinai Medical Center Los Angeles 2018) montrent que les PM2,5 contenant des métaux lourds altèrent le comportement de certains gènes, déclenchant des cancers et des maladies neuro-dégénératives.

Mais terminons sur une note positive.
Il existe deux axes pour contrer ce phénomène sournois :
• Socialement, une lutte efficace contre la pollution par une réglementation de plus en plus stricte donne des résultats probants sur le long terme.
• Individuellement, l’exercice physique régulier, en accroissant le débit sanguin dans l’organisme (cerveau compris) et en stimulant les niveaux des protéines qui favorisent la croissance et l’entretien des cellules du cerveau permet de combattre cet ennemi insidieux que sont les PM2,5

Sources Scientific American, 322, May 2020, pages 42-47

Lien vers l’article (pour les abonnés) en anglais

Voir aussi
Alzheimer’s Disease and Alpha-Synuclein Pathology in the Olfactory Bulbs of Infants, Children, Teens and Adults ≤ 40 Years in Metropolitan Mexico City: APOE4 Carriers at Higher Risk of Suicide Accelerate Their Olfactory Bulb Pathology. L. Calderón-Garcidueñas et al. in Environmental Research, Vol. 166, pages 348–362; October 2018

Particulate Matter Air Pollution, Physical Activity and Systemic Inflammation in Taiwanese Adults. Z. Zhang et al. in International Journal of Hygiene and Environmental Health, Vol. 221, No. 1, pages 41–47; January 2018.

Particulate Matter and Episodic Memory Decline Mediated by Early Neuroanatomic Biomarkers of Alzheimer’s Disease. D. Younan et al. in Brain, Vol. 143, No. 1, pages 289–302; January 2020.


La mer de Kara fond

Toujours plus chaud !

La mer de Kara fond !
Non, ce n’est pas un coup de soleil sur le carafon qui produit ce type de phrase. Bien au contraire. C’est une alerte météorologique tristement sérieuse qui remonte (de façon récurrente malheureusement).

Vendredi 22 mai 2020, il a fait 25,4° C au nord du cercle arctique. C’est à dire qu’il a fait 25,4° C de plus que la moyenne habituelle pour le mois de mai et pour la région. Toute la zone au nord du cercle arctique est touché par cette vague de chaleur, chaleur due à la conjonction de deux phénomènes :
• la concentration du vortex polaire au dessus du pôle
• une faiblesse de l’albédo qui, en limitant la réflexion des rayons du soleil, favorise le réchauffement des sols.

Conséquence : la mer de Kara a déjà commencé à fondre avec quelques semaines d’avance (voir illustration).

Impossible de dire si cela se traduira chez nous par une canicule, mais on peut parier que les incendies en Sibérie vont reprendre de plus belle et libérer des volumes important de méthane. Pour mémoire, le méthane (CH4) est un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le CO2.

Plus de détails ici


Coupable : L’Homme ou la Chauve-souris ?

Un article de CNN Health du 20 mars 2020 explique comment -et surtout pourquoi – les virus se transmettent de la chauve-souris à l’homme.
Des scientifiques, dont Andrew Cunningham, professeur d’épidémiologie de la faune sauvage à la Société Zoologique de Londres, expliquent les phénomènes suivants :

La chauve-souris héberge naturellement un certain nombre d’agents pathogènes, dont des coronavirus. Actuellement, il n’est pas encore prouvé que le Covid19 vient des chauves-souris, faute d’avoir pu les tester, mais la suspicion reste forte. La chauve-souris est le seul mammifère volant. Cette activité physique intense, marquée par des pics de température pendant le vol et la quête de nourriture, a conduit son système immunitaire à se spécialiser. Les pathogènes se sont adaptés à ces pointes de température pour résister.

Tant qu’il n’y a pas de contamination inter-espèces, tout va bien. Mais quand la contamination touche l’homme, le mécanisme naturel de défense de l’homme que constitue la fièvre, ne suffit pas à éliminer un pathogène capable de supporter de fortes températures.

Pourquoi et comment la contamination touche-t’elle l’humain ?
Tout simplement par effet de débordement zoonotique causé par l’activité humaine. La déforestation et la chasse stresse la chauve-souris outre-mesure, entraînant une infection de l’animal qui excrète en masse les pathogènes qu’il héberge. Et bingo !!!
Si la chauve-souris excrète ses pathogènes sur d’autres animaux vivants (par exemple dans un marché) et sur les humains qui voisinent ces animaux, la transmission inter-espèces démarre.
En ajoutant à cette contamination, la vitesse des transports, on a une pandémie là où dans le passé on aurait peut-être une épidémie localisée.

Deux leçons que l’humanité doit tirer – et rapidement de préférence
Les chauves-souris ne sont pas responsables de la pandémie. Elles risquent même de nous apprendre comment réagir à ces pathogènes
Notre mode d’interaction avec le milieu naturel (déforestation, chasse et transports rapides) est le seul facteur de transformation d’une épidémie en pandémie. C’est la première fois que les dommages causés à l’environnement tuent aussi vite des humains. Et faute d’action rapide, cela risque de se reproduire car il y a encore des milliers de virus à découvrir dans les populations animales, avec lesquelles nous interagissons de plus en plus en dégradant les habitats naturels.

Le mot de la fin revient à Kate Jones, de la chaire d’écologie et de biodiversité à University College de Londres :
« Il n’est pas bon de transformer une forêt en zone agricole sans comprendre l’impact sur la séquestration du carbone, le risque d’inondations et la survenance de maladies« 


Nous voulons des arbres

Le patrimoine arboré de Lion

  • est inférieur à la moyenne nationale 16% contre 19% nationalement
  • représente 2,7 terrains de foot

Tout savoir sur le patrimoine arboré de Lion (et des communes environnantes) grâce à cette magnifique infographie (s’ouvrira dans un autre onglet)
Toutes les explications sur la méthode utilisée et les sources de données sont ici
Merci à Kermap pour ce travail.


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